C’est finalement la société DALKIA qui a été retenue pour la réalisation du réseau de chauffage urbain. Celui-ci démarrera par une nouvelle chaudière (2,5MW) qui sera installée sur le site de la chaufferie de l’hôpital Maillot. Puis le réseau transportera l’eau chaude jusqu’aux clients, à savoir Maillot, Cité scolaire, stade, piscine, tennis, EREA, maison de l’information, Lino VENTURA. Une AG des propriétaires de la cité radieuse est prévue début juillet. Elle devrait décider du raccordement ou pas du bâtiment sur le réseau.Installation_client.JPG Exemple d'installation client.
L’investissement total (chaudière, réseau, postes clients) s’élèvera à 4 041 143€ hors taxe. Il est envisagé la possibilité de subventions de l’ordre de 47%. Ce nouveau mode de chauffage devrait permettre une économie intéressante pour les clients raccordés :

  • 14% pour Maillot
  • 11% pour la piscine
  • 13% Cité radieuse

Ces économies se font en comparaison du coût du chauffage au gaz. Il faut rappeler le scandale des hausses des tarifs gaz de plus de 60% depuis la privatisation de Gaz de France en 2004 dont 20% d’avril 2010 à avril 2011. Dans le même temps GDF-SUEZ continue à faire valoir son « manque à gagner » lié au gel des tarifs…
Nous avons approuvé ce projet.
__Nous avions un projet similaire dans notre programme. Il s’agissait à l’époque d’étudier une possibilité de géothermie. L’équipe en place a préféré travailler sur la combustion du bois.
Le projet DALKIA prévoit un tarif moyen de chauffe de 73,29€. Le prix moyen correspond au résultat d'un calcul qui intègre l'abonnement et la consomation pour une quantité d'énergie de 1 mégawatt/heure. Il prend en compte une consommation 75%bois et 25%gaz, plus l'amortissement de l'investissement sur 18 ans (2 millions et demi + les subventions).__
En clair, chaque mégawatt/heure (Mwh) consommé coûtera 73 euros au client. Notre inquiétude principale était l'évolution de ce coût avec le risque de voir le prix du bois augmenter en conséquence d'une demande croissante liée au développement des projets biomasse. Briey n'est pas la seule et des villes comme Metz ou Forbach construisent actuellement des centrales bois bien plus importantes. Nous sommes quelque peu rassurés par le fait que les augmentations sont cadrées et que des représentants de la mairie participeront à une réunion annuelle du comité de pilotage qui aura à veiller sur les tarifs (Jean-Louis en fera partie). Par ailleurs l'indice "PF" qui correspond au coût de la fourniture du bois est plafonné afin de s'affranchir des variations trop importantes.__

Plaquettes-de-bois-d_chets-de-scierie.jpg Plaquettes de scierie qui seront utilisées comme carburant

Le projet DALKIA prévoit la création d’un poste de technicien pour assurer la surveillance et le fonctionnement des installations. Surtout, il est acté que l’approvisionnement en plaquettes de bois se fera par la société Briey Bois située sur la zone industrielle (fourniture de 4500 tonnes de plaquettes par an). C’est sur ce site que sera réalisée la plate-forme de stockage. C’est ainsi plusieurs emplois qui sont assurés sur place et également des trajets courts pour l’approvisionnement.Chaufferie_biomasse__Mick_Allouis_1_1.jpg La DSP est signée pour 20 ans (plus les 2 ans de travaux). A l’issue, les installations reviendront à la ville. Au contraire des énergies fossiles telles que le pétrole ou le gaz, l'énergie biomasse peut être une énergie renouvelable à condition d’avoir des végétaux de remplacement régulièrement plantés en quantité au moins équivalentes pour absorber le CO2 émis, ce qui est le problème majeur quant à l’efficacité de la filière.

La biomasse - hors biocarburants - a constitué de loin la première source d'énergie renouvelable produite en France, devant l'énergie hydraulique, les biocarburants et l'éolien. La valorisation énergétique de la biomasse doit permettre de contribuer à l'objectif que s'est fixé la France en matière de développement des énergies renouvelables, à savoir une augmentation de la production d'énergie renouvelable de 20 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) à l'horizon 2020 pour atteindre une part d'au moins 20 % d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie.

Le comité opérationnel "énergies renouvelables" du Grenelle de l'environnement estime ainsi qu'il conviendrait de viser une augmentation de la production d'électricité et de chaleur à partir de biomasse de 7,5 Mtep à l'horizon 2020, soit un tiers de l'augmentation de la production d'énergie renouvelable à cet horizon, sous réserve de maintenir une gestion durable de la forêt, de mobiliser la ressource et d'éviter les conflits d'usage. Il ne faut pas sous estimer que cela se heurte, outre le problème de renouvellement de la ressource précédemment évoqué, à de nombreux problèmes d’organisation et d’investissement de la filière.

Les ressources en biomasse peuvent être classées en plusieurs catégories, selon leurs origines :

  • le bois, sous forme de bûches, granulés et plaquettes,
  • les sous-produits du bois qui recouvrent l'ensemble des déchets produits par l'exploitation forestière

(branchage, etc.), par les scieries (sciures, etc.), par les industries de transformation du bois (menuiseries, fabricants de meubles, parquets) et par les fabricants de panneaux ainsi que les emballages tels que les palettes,

  • les sous-produits de l'industrie tels que les boues issues de la pâte à papier (liqueur noire) et les déchets

des industries agroalimentaires (marcs de raisin, etc.),

  • les produits issus de l'agriculture traditionnelle (céréales, etc.), résidus tels que la paille ou la bagasse

(résidus ligneux de la canne à sucre) et les nouvelles plantations à vocation énergétique telles que les taillis à courte rotation (saules, miscanthus, etc.),

  • les déchets organiques tels que les déchets urbains comprenant les boues d'épuration, les ordures

ménagères, et les déchets en provenance de l'agriculture tels que les effluents agricoles.
Certaines ressources de cette liste sont déjà valorisées dans la situation actuelle. La biomasse peut être valorisée énergétiquement sous forme de chaleur, de vapeur et d'électricité.

La forêt occupe près de 30 % du territoire métropolitain, et le massif forestier français, qui est l'un des plus importants d'Europe, a augmenté de 50 % depuis 1950. Le potentiel forestier national est donc très important, mais il est largement sous exploité, principalement en raison du morcellement de la propriété forestière. De plus, les objectifs actuels d’exploitation de la forêt française n’intègrent pas la production de biomasse. Une étude du CEMAGREF réalisée en 2007 évalue la ressource supplémentaire mobilisable à 21 millions de m3 à l'horizon 2020 tout en respectant les conditions d'une gestion durable. Ce potentiel est difficile à mobiliser car l'offre du bois est peu élastique. De plus, agir uniquement sur la demande conduit dans ce secteur à un renchérissement de la ressource, sans réel accroissement de l'offre. Dans ce contexte, l'une des propositions du comité opérationnel "forêt" du Grenelle de l'environnement est de créer un fonds pour la mobilisation de la biomasse (aides à la création de dessertes forestières, plans de formation, aides à la mécanisation de l'exploitation forestière, etc.). Il faut concrétiser, ce qui n’est pas fait actuellement, mais aussi compléter en visant au moins le remplacement des quantités exploitées.

Limiter les risques de conflit d'usage

L'offre actuelle étant peu élastique, la valorisation énergétique de la biomasse peut amener à des conflits d'usage déstabilisant les filières de transformation du bois existantes. Les industries lourdes (pâte à papier/panneaux) seraient en première ligne, car elles utilisent les mêmes catégories de bois que celles destinées à l'énergie. Ce secteur représentait en 2004 l'équivalent de 11500 emplois pour un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros. Cela relativise les perspectives de créations d’emplois dans la biomasse nouvelle qui restent à concrétiser.